On a tous ce souvenir de notre enfance.
La voix de l’un de nos parents, résonnant soudain bien trop fort « Chérie ! viens dire bonjour à ton parrain au téléphone »
(s’applique aussi pour les grand-mères, vieilles tantes et autre monument familial )
Et M***E ! Qu’on se disait dans le dedans de nous-même.
On trainait un peu des pieds, mais pas trop : il ne faut pas avoir l’air de n’avoir pas envie de parler à parrain / grand-mère & Co. Sinon on se ferait tirer les oreilles.
Allôô ? Oui bonjour Parrain !
…
oui
…
non
…
heu. Je sais pas.
…
Oui, oui.
…
En Bretagne.
…
non, il a plu.
…
euh, rien de spécial
…
D’accord, je te repasse Maman.
…
A bientôt.
Quelle horreur ! Un cauchemar. Se faire poser des question débiles du genre « ça se passe bien à l’école ? » « Qu’est-ce que tu as appris de beau aujourd’hui ? »
Et la pire, la très fatale « Qu’est-ce que tu me racontes de beau ? »
Arme fatale des adultes lancée aux enfants lorsqu’ils ne savent plus quoi dire.
J’ai toujours détesté ces sales coups de téléphone, mais maintenant, avec le recul, je me dis que ces moments devaient être encore bien pires pour le parrain ou la mère-grand.
Je les imagines en train de se dire « mais quelle genre de question je pourrais bien lui poser ? Ah oui tiens, je vais lui parler de l’école, ça va à l’école les enfants. Et puis je lui parlerais des vacances »
Et une fois que la source des questions cons à poser aux enfants est tarie, vient enfin, pour terminer, la dernière : « Et sinon, qu’est-ce que tu racontes de beau ? »
Ce à quoi l’enfant répond le banal « rien de spécial »
Ah, se dit l’adulte, il n’a plus envie de me parler.
Et c’est la conscience tranquille qu’il lance désinvolte un « tu me passes ta maman ? » soulagé.
Ouf, c’est fini, on peut retourner jouer.

















la chauve-souris
et encore, c’est pire quand le gosse ne sait pas encore parler mais qu’on nous le passe quand même au téléphone…