On dit souvent des gens qui masquent leurs émotions qu’ils ont une carapace.
Il est généralement admis que les grandes gueules, les boute-en-train, les pouêt-pouêt rigolards et autres joyeux drilles ont une ca-ra-pace.
Si vous n’êtes pas triste de quitter quelqu’un, si vous ne pleurez pas devant Titanic, si vous n’êtes pas attendrie devant un nouveau-né, si vous ne faites pas une tête de 3 pieds de long pendant 10 jours quand vous apprenez que Tatie Gertrude a un cancer, vous êtes considérée :
- soit comme une impitoyable sans cœur.
- soit comme une grande sensible qui cache ses émotions sous une carapace.
Et les gens ont l’air unanimes sur le fait qu’avoir une carapace c’est mal. Ou du moins, c’est grave. Et chacun y va de son morceau de psychologie de comptoir. « il refuse de se confronter à la réalité » « elle vit dans le monde de Oui-Oui » et autres foutaises hallucinantes.
Alors je vais vous poser quelques questions auxquelles je voudrais que vous, psychologues de comptoir répondiez :
- Ne peut-on pas plutôt considérer ce type comportement comme l’aptitude de certaines personnes à profiter et à aimer la vie ? Pourquoi serai-ce mal de refouler ses sentiments tristes ?
Quand quelque chose m’attriste, hé bien j’y pense 3 minutes et je passe à autre chose. C’est vrai, et parfois ça me fait culpabiliser, et je me demande pourquoi d’ailleurs ? Pourquoi aurai-je à culpabiliser de mes émotions – ou non-émotions ? Je profite de la vie. N’allez pas chercher plus loin.
- Et ne peut-on pas considérer cela plutôt comme de la pudeur émotionnelle ? Alors oui, je considère que montrer mes émotions me fragilise face aux autres, et alors ? Il y a des gens qui refusent de montrer leurs genoux, ou leurs bras, parce que cette exposition les mets en danger face à autres.
Et on ne va pas les analyser pendant des heures en disant que gnagnagna dans sa famille on montre pas ses genoux, alors du coup elle est pareille.
Foutaise.
Quand je vois des gens à la sensibilité à fleur de peau, des gens qui prennent tout trop à cœur, hé bien tant mieux pour eux si ça leur va, mais je préfère croquer la vie à pleine dent, sans me laisser envahir par je-ne-sais quelles émotions incontrôlables.
Alors je ne dis pas que je ne pleure jamais, ou que je ne suis jamais émue ou quoi. Mais oui, quand une émotion m’embête, je le squizze, je la met au placard.
Et je m’en porte très bien merci.
Et je ne considère pas avoir une carapace.
Roh non mais. Et puis quelle est cette manie des gens de te poser des questions du genre « alors, émue ?« . ça c’est ZE question qu’on m’a posé 1000 fois le jour de mon mariage. « alors, émue? » « euh, bé, non, pas trop »
Alors ooh aaah scandale, la mariée n’est pas émue ! Et les sourcils de s’envoler très haut sur le front, et les moues interrogatives, et les regards entendus.
Pourquoi est-on sensés être émus le jour de son mariage ? Bah moi j’étais heureuse, point barre. J’ai pas versé ma ptite larme tout ça.
Désolée.
La mariée a une carapace.
Au secours.
















Marie/chroniqueblonde
Ouuuuh la méchante mariée sans coeur !
Moi je suis assez émotive mais je ne vois pas quel débat amorcer, chacun gère ses émotions, chacun son carctère, point.